Galerie

Cadre

Faire la ville sur la ville et penser le renouvellement urbain plutôt que l’expansion est désormais un enjeu pour la plupart des villes.

Aujourd’hui encore, de nombreux projets de revitalisation font du logement la pièce centrale de leur programme à laquelle s’adjoignent quelques éléments essentiels à l’attractivité d’un « nouveau quartier » : équipements publics, petits commerces et services de proximité.

Pourtant reconstruire « la ville sur la ville » nous donne l’opportunité de « faire autrement », d’envisager le territoire et ses localités comme autant de ressources au projet, d’imaginer un plus juste équilibre entre activités (créative, récréative et productive) et habitat dans une nouvelle organisation spatiale conciliant attractivité économique et cadre de vie vertueux.

Bien sûr, il ne sera pas ici question de faire revenir l’industrie au cœur des villes, mais bien de penser les savoir-faire, l’artisanat, la recherche, les circuits courts, l’économie du recyclage et les nouvelles formes de production brouillant de fait les frontières entre art, artisanat et micro-industrie.

L’objectif est de rompre avec les logiques de zoning et le mono-fonctionnalisme territoriale (zone commerciale, zone artisanale, etc) et de repenser le caractère productif de la ville autour des principes de soutenabilité, de création, de formation, d’économie circulaire et solidaire comme de la diversité des usages (activités productives, culture, formation, loisirs, logements)…

Thierry Lafond
& Olivier Raffaelli
& Géraldine Viellepeau

Projet

Les crottes, un des quartiers nord de Marseille, est un territoire investi par ses habitants, pour la plupart ouvriers. Les infrastructures : routes, autoroute, métro aérien et chemins de fer montrent ici la domination de l’agglomération. Une plateforme logistique, nuisible mais invisible se rajoute à la sensation d’être emmurés.

Le projet « Galerie » est une école, inspirée du Bauhaus qui tend à devenir un exemple de revalorisation du patrimoine qui fait sens lorsqu’il est placé face à des enjeux actuels de conservation de la matière. Appuyer sur le bouton destruction ne doit plus être automatique.

Les questions du réemploi et du chantier ont été omniprésentes. Le chantier est pensé comme un « ballet » orchestré par les différents acteurs. Les matériaux se déplacent, se croisent, s’associent pour devenir lieu.
Le réemploi se fait par la valorisation des « déchets » présents. A cette échelle, les voitures sont un reflet d’une activité intense liée au secteur de l’automobile. Leur carrosserie devient alors façade et permet de définir la plus petite échelle du bâtiment : la tuile. Celle-ci, répond aux infrastructures prédominantes du site, la façade créait une double peau, un mur habité, un espace de négociation à s’approprier.

La production de déchets pendant le chantier est également prise en compte. La matière de bâtiments démolis est réemployée en dalle de béton précontraint pour le futur projet.

C’est un élément vecteur d’une nouvelle idéologie de la transformation accompagnée de nouveaux savoirs faire afin de permettre l’émancipation personnelle, mais aussi collective.

La transmission des savoirs se fait par la coopération qui est accentuée par la mixité des programmes. Une intégration totale dans le tissu est soulignée par le travail des interstices, ce qui est, à contre-courant des projets d’envergure imposants et reclus.

Les démolitions ne doivent plus être le signe de l’effacement, mais d’une affirmation des caractéristiques du site, qui doivent évoluer avec la ville voire la métropole.

Marianne Baroin
& Quentin Lucas

 
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L’architecte doit appliquer son idéal à la société. Ce bâtisseur doit mettre en œuvre ses solutions pour une société meilleure. Créatif, il se doit de savoir dessiner, réinventer les formes et les procédés constructifs. Il questionne la vie dans sa matérialité la plus juste, la plus proche de nous. Le bien commun, qu’il priorise, doit lui permettre de prendre une place essentielle dans la société. Sous pression, le seul moyen d’exister dans la communauté est la surmédiatisation de sa pensée. Souvent jugé par sa capacité à réaliser de grands projets, il délaisse une petite échelle, qui permet aux habitants de s’investir dans leur quotidien. Il est, par conséquent, passif face à un fonctionnalisme moteur d’une consommation acharnée du bâtiment.

Ce quartier nord de Marseille est un territoire investi seulement par ses habitants, pour la plupart ouvriers. Et pourtant, les infrastructures : routes, autoroute, métro aérien et chemins de fer montrent ici la domination de l’agglomération. Une plateforme logistique, nuisible mais invisible se rajoute à la sensation d’être emmurés. Ces constructions ferment les vues et les perspectives sur une métropole en expansion. Proche du port, on ne peut malheureusement apprécier le littoral. Les voitures par centaines, s’entassent sur de petits parcellaires discontinus ; on y devine de la productivité.

A en constater les déchets, un délaissement s’observe : le site est livré à lui-même. La solution du renouvellement urbain est radicale et propose un remplacement du tissu total. Détruire pour “mieux” reconstruire, ces grands travaux feront table rase d’un passé industriel qui fit pourtant la fierté de la ville.

Ce choix de site est l’opportunité de valoriser son identité. De considérer ses “faiblesses” pour en faire des forces de projet. Son petit parcellaire permet aux marseillais, une meilleure appropriation de leur environnement et offre des formes d’architectures différenciées en opposition, avec le simple rectangle d’un plan beaucoup trop rigide. La montée des eaux, les inondations, le bruit, la pollution sont des enjeux qui dépassent le site. Ils sont peu traités dans les villes, et pourtant, ils garantissent une adaptabilité et une durabilité produisant du confort.

La Mer, élément caractéristique de la ville doit être plus accessible au quartier, les infrastructures ne doivent pas démunir les habitants de leur bien commun. Le projet, donnera de l’importance à l’usage industriel du site par des lieux de gestion des déchets. Le choix de plusieurs parcelles, invite à créer des connexions à l’échelle du quartier et à la conception d’espaces collectivités, productifs. L’intégration sera totale dans le tissu, et à contre-courant des projets d’envergure imposants et reclus.

Cette intervention doit être le signe d’un nouveau mouvement, il doit revaloriser un espace aujourd’hui non considéré.

Il tend à devenir un exemple de revalorisation du patrimoine qui fait sens lorsqu’il est placé face à des enjeux actuels. Appuyer sur le bouton destruction ne doit plus être automatique. Les démolitions ne doivent plus être le signe de l’effacement mais d’une affirmation des caractéristiques du site, qui doivent évoluer avec la ville voire la métropole. Il est temps de les rééquilibrer, partant du quartier et de son architecture : une volonté impulsée par le programme. C’est un élément vecteur d’une nouvelle idéologie de la transmission de nouveaux savoirs afin de permettre l’émancipation personnelle, mais aussi collective.

 
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